mercredi, 21 octobre 2009

Une femme d'exception.

Quand les femmes décident de s’investir, elles s’engagent à fond dans la cause qui leur tient à cœur.

 

Quand ce domaine est celui de la politique, elles se font plus rares à aller au bout de leurs convictions, car pèsent alors sur elles les menaces, les exclusions, les suspensions de leur parti.

 

Quand leur parti est l’UMP, et qu’après toutes les intimidations qui ne grandissent pas ceux qui les profèrent, elles défendent bec et ongle leurs certitudes, alors il s’agit de très grandes femmes.

 

Au premier rang des élus de la majorité actuelle, et au milieu d’un cercle vertueux qui n’a pas encore fait sienne la constitutionnelle parité, la femme qui mérite l’admiration de tous est incontestablement Marie-Anne Montchamp.

 

Alors que la discussion  concernant le PLFSS (Projet de loi de  finances de la sécurité sociale) pour 2010 est prévue pour le mardi 3 novembre, celui-ci s’inscrit dans le Projet de loi de finances actuellement étudié en commission des Finances.

 

Or, aujourd’hui, selon Reuters, « c’est un nouveau coup de semonce pour la majorité, d’où s’élèvent de plus en plus de voix contre la politique fiscale du gouvernement. Plusieurs élus de l’UMP siégeant à la commission des Finances étaient absents mercredi et les élus du Nouveau Centre et un non-inscrit ont joint leurs voix à celles de l’opposition pour voter contre le PLFSS.

 

Marie-Anne Montchamp, député UMP du Val-de-Marne, a décidé de s’abstenir après le rejet, mardi, de son amendement au projet de loi de finances visant à exclure la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de l’assiette du bouclier fiscal qui limite la taxation à 50% des revenus ».

 

Son courage et sa détermination ont fait en sorte que « la commission des Finances de l’Assemblée n’a pas pu se prononcer aujourd’hui sur le projet de budget de la Sécurité sociale, en raison de son abstention qui a débouché sur une égalité gauche-droite ».

 

Cette femme est remarquable car elle a le courage de s’opposer à la mesure la plus emblématique du quinquennat de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal, en réaffirmant ses convictions gaullistes.

Elle se justifie : « c’est une invitation à ce que l’exécutif se saisisse de manière plus volontariste du problème des ressources de la Sécurité sociale ». « Nous ne cherchons pas à faire un coup (avec Jean-Luc Warsmann). Mais la question de la dette sociale ne peut plus attendre ».

 

Gageons que l’attitude de cette députée va lui valoir des représailles. Il en faudra beaucoup pour impressionner  cette ancienne secrétaire d’Etat aux personnes handicapées du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin . C’est à elle que nous devons la loi du 11 février 2005 sur « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».

 

Il n’est pas inutile de souligner que les trois lois sur le handicap (1975,2002,2005) ont toutes les trois été à l’initiative de Jacques Chirac.

 

Quand on dit que les équipes sont à l’image du chef…

jeudi, 01 octobre 2009

Un PLFSS bien nommé

Ce n’est pas un Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale que le gouvernement a présenté aujourd’hui pour l’exercice 2010.

C’est un Projet de Loi pour les Français  Sans-Souci.

Et l’adage qui dit qu’ « il vaut mieux être riche et en bonne santé, plutôt que pauvre et malade » n’a jamais été aussi authentique.

En effet, jamais la dégradation financière n’a été aussi forte : le déficit du régime général de la Sécurité sociale atteindra 24 milliards d’euros à la fin de l’année 2009, dont 11 milliards pour la seule branche maladie.

 

Il n’est pas vain de regretter le gouvernement précédent qui était parvenu à diviser par deux le déficit de l’assurance-maladie, de 8 milliards d’euros en 2005, à 4,4 milliards en 2008.

 

Autres temps, autres mœurs…

 

La dégradation actuelle serait la « conséquence d’une récession sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale », selon le gouvernement. Qui osera dire que la récession a bon dos et que les comptes sociaux ont explosé juste avant la crise ?

Tel est pourtant le cas.

 

D’ailleurs, l’Etat est-il bien honnête dans cette gestion de la Sécurité sociale ?

Qu’en est-il de toutes les taxes qui assomment les Français pour abonder, théoriquement, notre protection sociale : taxes sur le tabac, l’alcool, les industries polluantes, la part des primes d’assurances automobiles, une partie de TVA ?

D’après un rapport des comptes de la Sécurité sociale, si tout le produit des taxes payées par le bon peuple au titre de sa santé (produit qui s’élève à 20 milliards)  était versé à son bénéficiaire, cette même Sécu non seulement n’ accuserait pas un trou abyssal de 11 milliards, mais se verrait allouer un excédent de 9 milliards.

 

Première malhonnêteté.

 

La deuxième consiste à rogner sur les dépenses de santé, alors que chacun sait qu’elles n’ont pas explosé, et que « c’est la première fois que l’on réussit à tenir, deux années de suite, en 2008 et 2009, un niveau de progression aussi bas des dépenses de santé », selon le ministère de la santé. Mais il faut trouver de l'argent coûte que coûte!

 

Troisième malhonnêteté : les Français ne sont plus égaux devant la maladie.

Après l’instauration des franchises médicales, voilà qu’on revoit à la hausse le forfait hospitalier, censé représenter la participation de chaque patient hospitalisé aux frais hôteliers.

Voilà qu’on baisse le remboursement de 35% à 15% pour les médicaments à « service médical rendu »faible. A noter, parmi ces médicaments, le seul efficace en cas de grippe A/H1N1 : le paracétamol !

Il est difficile de trouver de la cohérence dans ces mesures, sinon le désengagement de la Sécurité sociale au bénéfice d’assurances privées auxquelles beaucoup de Français ne pourront accéder…

 

J’allais oublier la fiscalisation des indemnités journalières consécutives à un arrêt de travail par accident, la dernière mesure inique sortie du crâne du président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, alors qu’il en avait combattu le principe il y a quelques mois.

 

Oui le PLFSS tel qu’il a été présenté aujourd’hui ne concerne que les Français aisés.

La protection sociale qui avait fait notre orgueil, celle voulue par le général de Gaulle, n’est plus….

 

Enfin, je profite de mon blog pour conseiller à tous les centenaires qui le liront de se dépêcher de prévenir leur Caisse Régionale d’Assurance-Maladie qu’ils sont toujours vivants.

En effet, avec un tact qui n’honore vraiment pas les fonctionnaires de ces organismes, les centenaires doivent fournir un certificat médical attestant qu’ils sont toujours bien en vie. « Une pétillante centenaire de la région de Marseille ne décolère pas ….J’ai eu un peu honte d’être encore vivante… » (Le Quotidien du Médecin du 1er octobre 2009).

 

Il ne fait vraiment pas bon être vieux , pauvre et malade en France en 2009…