mercredi, 21 janvier 2009
Le porteur de mauvaises nouvelles aura la tête tranchée...
C’est ainsi que Dominique de Villepin termine son entretien avec Jean-Jacques Bourdin ce matin sur RMC.
Il dit ne plus rien craindre….
Il s’exprime cependant sur les ondes en « prenant des risques, politiques, personnels ou professionnels », mais il sait « la France au bord du précipice » et il veut en avertir les Français et la classe politique.
Il juge la position de la France dans l’Europe et dans le monde. « Son expérience historique » lui fait dire que « notre stratégie économique doit être solidaire », menée avec « plus de réflexion, plus d’intelligence, plus de compréhension ».
« La France est un pays éruptif ».
« Il y a d’un côté un gouvernement et un président qui multiplient les réformes, et de l’autre côté, un pays qui ne comprend pas où on veut l’emmener et qui s’interroge sur le bienfondé de la politique menée ».
Il prône le rassemblement national, l’adhésion plus que la division des Français et loin de vouloir éliminer l’adversaire, réclame pour le pays une opposition et des voix discordantes qui nourrissent le débat.
Deux objectifs l’habitent : l’innovation et l’emploi (obsession qui lui a coûté cher mais qui avait mené la France au plus bas taux de chômage depuis 30 ans !), avec l’aide aux plus fragiles.
« La France peut couler comme le Titanic ».
Nous devrions saluer son courage pour mettre en garde la classe politique et prévenir les effets de la crise qu’il « pense devant nous ».
Cet homme a évité à la France sa participation au bourbier irakien. Son intelligence, la finesse de son analyse et son métier de diplomate en ont fait un grand ministre des Affaires étrangères. Il faut dire que pendant son mandat, il a su maintenir le cap de la politique étrangère de la France voulue par le Président de la République, Jacques Chirac.
Et pourtant, il fut incompris par « ceux qui ne croient qu’à la force et aux formes sempiternelles de la politique de puissance » (Stanley Hoffmann).
Comme Barack Obama, il veut éviter le choc des civilisations et croit à la nécessité du dialogue des cultures. « Un monde sans diversité s’apparente à la mort ».
Pour obtenir un monde plus sûr, il prône un monde en paix, et veut substituer au concept de force le concept de justice.
Le même Stanley Hoffmann qui enseigne notamment l’histoire intellectuelle et politique française à Harvard, termine la préface d’ « Un autre monde », en disant de lui « cet idéaliste lucide est un vrai révolutionnaire ».
Quel dommage que Dominique de Villepin soit convaincu que « l’heure n’est pas à la politique politicienne »…..
23:07 Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dominique de villepin, jj bourdin, rms, un autre monde, stanley hoffmann, jacques chirac




